Pour la première fois, le danger vient du ciel… Des civils sont victimes de bombardements : des bombes sont larguées par avion ou d’un grand ballon volant appelé dirigeable. Les Allemands ont mis le feu à des quartiers entiers et à des bâtiments importants. Les enfants apprenaient à se protéger. S’ils entendaient le moteur d’un avion, ils devaient vite éteindre la lumière pour ne pas donner d’indications aux pilotes et vite se réfugier dans la cave ou un abri. De nombreux civils sont abattus sans raison. Leur objectif : terroriser la population afin d’éviter toute révolte contre les Allemands.
Imaginez les nombreux moments d’angoisse que les enfants ont dû vivre durant 4 ans !!!

En 2021, les informations circulent très rapidement grâce à la télé, aux journaux et surtout via internet et les réseaux sociaux. De 1914 à 1918, les nouvelles n’arrivaient dans les maisons que via les journaux et … malheureusement, le gouvernement empêchait la presse de diffuser des informations négatives. Par exemple, pas question de parler des batailles perdues, des défaites, pas question d’ébruiter le désespoir des soldats ! C’est ce que l’on appelle la censure…
En parallèle de cette censure, les journaux devaient embellir la réalité, exagérer les victoires ou, même, parfois, les inventer pour rassurer la population civile !
Vous imaginez, un enfant de votre âge qui attend depuis des semaines une lettre de son papa, et, quand celle-ci arrive, c’est la joie de savoir qu’il est en vie, d’avoir des nouvelles de sa santé mais c’est aussi la frustration de ne pas recevoir beaucoup d’infos : en effet, il est interdit aux soldats de donner des indications précises qui peuvent être lues par des espions. Il leur est aussi interdit de donner de mauvaises nouvelles mais, de toute façon, la plupart ne veulent pas raconter l’horreur de la guerre qu’ils vivent au quotidien pour ne pas inquiéter leur famille…
Et après la guerre… Beaucoup de maisons étaient détruites, il a fallu les reconstruire. Il fallait aussi refaire de nombreuses routes, des voies ferrées, reconstruire des ponts. La production agricole avait baissé de 20 à 40% selon les régions, il a fallu mettre les bouchées doubles pour revenir à la production habituelle.
Huit millions d’enfants et 4 millions de femmes veuves pleurent leurs morts. Les pertes humaines de la 1ère guerre mondiale sont terribles : on comptabilise 10 millions de soldats morts.
Mais aussi le double de blessés. 20 millions de soldats sont revenus, mais dans quel état : amputés, gazés, aveugles, gravement handicapés. Après 4 ans de guerre, les enfants avaient du mal à reconnaître leur papa ou leurs frères aînés. Certains avaient reçus un éclat d’obus ou de balle sur le visage et avaient parfois une partie du visage arrachée. Ils étaient tellement défigurés qu’on les avait surnommés « Les gueules cassées ». Ils étaient méconnaissables et les enfants étaient terrorisés quand ils les voyaient…
En hommage aux soldats morts ou disparus aux combats, des monuments sont édifiés dans chaque ville et village belge. Ce monument est un ouvrage d’architecture, un lieu de mémoire qui témoigne de l’histoire de chaque commune. C’est pour cette raison que cet endroit constitue le lieu par excellence pour se regrouper aujourd’hui afin de célébrer cette commémoration. Attention, ce n’est pas une tombe, il n’y a pas de corps en dessous…
Sur certains monuments, comme ici à Pecq, on peut aussi lire les noms des civils, victimes indirectes de la guerre. Lors de la 2e guerre mondiale, on s’est souvent resservi du même monument pour y ajouter les noms des victimes militaires ou civiles.
Avant d’en terminer, je vous invite à participer au 2e volet de cette commémoration qui aura lieu ce jeudi 11 novembre à Warcoing. Nous commencerons par la messe à 10h30 suivie de l’hommage au monument et, enfin, nous terminerons par une partie festive, un vin d’honneur à l’école communale de Warcoing.
Je vous remercie tous pour votre présence. Il est très important de se souvenir du passé afin d’en tirer les leçons et de toujours, toujours préférer la paix à la guerre.
Françoise Vansaingèle,
Echevine.